« Quand bien même les censeurs lanceraient leurs critiques, Son Souvenir m’est doux, en toutes ses formes »
khassaides est le pluriel de khassida qui veut dire poème, chant spirituel, déclamation de poésies ;
1. DE LA POESIE EN GENERAL
Il est en effet bien connu que les Compagnons-que Dieu soit satisfait d’eux- récitaient des poésies en présence du prophète-sur lui la grâce et la paix-et l’histoire de ka’b ibn zubayr clôt le débat si l’on y réfléchit . Le prophète prêta l’oreille à sa poèsie intitulée « banât su’âd », pourtant remplie de vers galants*, approuvant ainsi qu’on récite des poésies en sa présence, et allant même jusqu’à lui donner son manteau al bourda ( en guise de marque d’honneur). Dans les Awarif, on raconte qu’un homme vint chez le prophète –sur lui la grâce et la paix-et y trouva des gens qui lisaient le Coran, tandis que d’autres récitaient des poésies. Il s’écria alors : « ô Envoyé de DIEU, le coran et la poésie ! » le prophète répondit : « oui, tantôt l’un et tantôt l’autre » kanz*n° 8001.
Ghazâli s’est largement étendu sur ce sujet, en réponse à ceux qui déclarent que le chant spirituel est déconseillé ou même totalement interdit, mettant bien en lumière toutes les références scriptuaires qui contredisent sans ambiguités de telles prises de position. C’est notamment le cas de ce récit que rapporte ‘Alqami d’ibn Mâjah. Lorsque le prophète revint à Médine à l’issue de l’une de ses expéditions, une servante s’approcha et lui dit : « ô Envoyé de DIEU, j’ai fait le vœu, si Dieu te ramène sain et sauf, de chanter devant toi au son du tambour ». Le prophète- sur lui la grâce et la paix-lui répondit : « si c’est un vœu que tu as fait, alors accomplis-le ». Voici une autre de ses paroles : « Chantez ô gens d’Arfida ,il s’agit des abyssins ( kanz n°8001 ),les juifs et les chrétiens sauront ainsi qu’on jouit ‘une certaine latitude dans votre religion. Plusieurs ahadith semblables, au premier mot près, sont cités dans le kanz (n°40676, 40617)*le chant dont il est question ici est celui du chamelier Al-Hâdi ;
Kanz n° 7979 *rapporté par Tabarâni
Selon l’opinion du prophète sas « la poésie n’est en soi ni bonne ni mauvaise, ce sont les poèmes qui le sont selon leur contenu » ; La poésie qui incite à la débauche, aborde des sujets vicieux est interdite, et c’est à elle que s’appliquent tous les éléments de la tradition qui parlent d’interdit. La déclamer ou l’écouter c’est tout en un, puisque l’objectif est le même. Mais d’autres poésies en revanche visent à édifier et à mettre en garde, ou à donner envie d’atteindre de nobles états et de spirituelles connaissances ; c’est de ce genre là dont voulait parler le prophète sas lorsqu’il affirma : De toutes les sentences poètiques , « en dehors de Dieu toute chose n’est –elle pas vaine ? » est la plus vraie.Fameux vers du poète Labîd cité dans tous les recueils de ahâdith kanz n°7977et 7978*, de même que le hadith qui suit (kanzn°7992)*.
Ce genre de poésies rentre dans le cadre de sa parole sas : « de la poésie émane une certaine sagesse . » Il est clair qu’écouter des sentences de sagesse est recommandé pour ne pas dire obligatoire.
Donc il faut cesser de comparer les poésies que déclament les soufis dans leurs assemblées-elles qui sont propres à exprimer la plus haute sagesse, contiennent les plus profonds enseignements, et enseignent au novice la manière de suivre humblement les sentiers de son Seigneur * ( c’est l’ordre qui est donné aux abeilles dans le coran (16,69) : suivez ainsi humblement les sentiers de votre Seigneur !
2.DE LA POESIE DE KHADIMOU RASSOUL EN PARTICULIER
En chantant le pophète nabiouna mouhammad, Cheikh ahmadou bamba ne fait que s’inscrire dans la tradition divine dont le coran atteste que « le prophète est certes d’une vertu éminente », « wa innaka lahala khoulouhin aziîm » sourate 68 verset 4. Alors ALLAH n’est-IL pas le PREMIER à louer le dernier envoyé !
Quant aux prières sur le prophète contenues dans les poémes de cheikh ahmadou bamba, elles trouvent leur racines légales sur l’ordre donné par Dieu à tous les croyants de prier sur le prophète mouhammad sas.Coran : Ina Allaha wa mala ikatouhou salouna ala nabi, yaa ayouhal leuzina amanou sallo aleyhi wa sa
Limo taslimane ALLAH et ses anges prient sur le prophète O vous les croyants, priez sur le prophète. Ceci est un ordre divin. Alors on comprend aisément le serviteur privilégié du prophète déclarer dans MAWAAHIBU NAAFIH : salatou sitah bi madhi sitah, taatihibattah mahatisahi. La prière , salatou ala nabi, des six mois avec l’éloge (madh,tag ) des six autres lui reviennent irrévocablement, tout en suivant son Exemple. Et khadimou rassoul de déclarer dans mouhadamatoul amdaah fi mazayaa al miftah : waladjtou khadimane fim tidaahi mouhamadane, j’ai emprunté la voie du serviteur par mon panégyrique à Mouhammad. Wa ladjtou khadimane fim tidaahi wasiilati, je me suis lancé dans la voie du serviteur par mes louanges à mon intermédiaire.Les khassayides sont donc une voie divine ascendante, c’est une manière d’adorer DIEU. Et quant à la finalité ultime, c’est l’évocation et la reconnaissance en permanence Envers DIEU . C’est ce que nous confie le serviteur du Meilleur des humains : Nawaytou dawaama zikri wa choukri khaadimane li khayril wara. Quant à l’objectif du loueur , c’est l’agrément du Clément, nawaytou Rida RAHMAAN a écrit le Maître. Nawaytou bimaa likhtiira choukrane bi khidmati, j’ai l’intention de rendre grâce de ce dont je suis privilégié. Vous voyez bien que l’ écrit du cheikh a la dimension d’action de grâce. Mieux, il faut savoir que les paroles, les intentions, et l’action de Cheikh Ahmadou bamba sont exclusivement dédiées, tournées vers ALLAH, soubhanahou wa tahala. Kalaami mes paroles, wa niyyeuti mes intentions, wa fihli mes actions, tawajeuhate ilaa mane ka faani sont dirigées vers CELUI qui m’a préservé du mal a Souh’a , wa dou’rra du danger wa chaekka et du doute. Et puis le cheikh se dévoile. L’intention est claire. Le fait est établi. Il affirme : kattabtou, j’écris. Wa khasdii mon intention est : choukkrou rabbi, rendre grâce à mon Seigneur. Ainsi, la détermination du cheikh à louer ALLAH, Son prophète et le coran est inébranlable. Lisaani Ma langue, wa aqlaami et mes plumes, wa khalbi et mon cœur, wadjouseuti ainsi que mon corps sont consacrés à CELUI qui confère la suffisance li MOUKHNINE, karimine le Noble Généreux, Naafihine jal la an misli, le profitable qui est trop élevé pour avoir un égal. E ceci est un devoir pour khadimou rassoul. Il incombe dit-il à ma main droite un tribut d’écrits agréés au service de mon ami préféré qui est le Maître de Médine, étant moi-même comblé de dons. Et peut-il arriver que le cheikh abandonne les éloges rendus au prophète ? Non. Il nous prévient. Ma conviction dit-il, m’empêche d’abandonner l’éloge d’un Chef au nom duquel l’Eternel m’a préservé des injustes et des égarés. Yakh ini yakh ini tarka amedaahi sayyeudie kaffaani bihi al baahi zawi zoulm wal hayyi. Qu’est -ce qui en est résulté ? J’ai atteint, proclame le CHEIKH, le rang de serviteur de l’ELU le plus pur Al mouçtafâ, c’est Lui qui me garde et je ne fais que mettre en évidence les Bienfaits de DIEU. Ce qui veut dire que ce n’est pas par vanité, orgueil ou suffisance que le cheikh montre ses dons. Il lui revient par obligation de louer DIEU qui lui a octroyé ses bienfaits. Ce n’est qu’une exortation de ALLAH ; wa amma binikhmati rabbika faa khadisse. Et quant au bienfait de ton SEIGNEUR, proclame-le. Coran sourate 93 ad duha verset 11. Et serigne Touba de rappeller humblement que son seul dessein est d’être l’esclave de Son SEIGNEUR et le Serviteur de Celui à qui je il s’adresse en l’occurence le prophète Mouhammad aleyhi salaatou wa salam. Comment? Par l’action de grâce, l’amour et la résolution.
*Al-HINDI : kanz al-‘ummal, Beyrouth,1989,18vol.